Découvrir la marine - Les familles en parlent - Être Marin
Parents
Je m’appelle Christophe et ma fille est capitaine de corvette. Quand elle s’est engagée, je craignais les réactions de ce milieu traditionnellement masculin et qu’elle ne puisse s’épanouir en exerçant son métier, mais elle a découvert la vie dans le microcosme d’un bateau, l’exercice des responsabilités et une réelle passion pour les relations humaines.
Je n’ai pas peur de la mer, mais plutôt des conflits qu’elle côtoie car je n’ai pas du tout envie qu’elle y soit tuée. Je suis fier des risques qu’elle prend, mais cela ne m’empêche pas d’être inquiet.
C’est sûr que quand on me demande ce que fait ma fille et que je réponds qu’elle a 4 galons sur les épaules, la conversation s’arrête et les gens veulent en savoir plus.
Quand elle rentre, j’ai l’impression d’avoir un accès plus direct à l’information internationale, de mieux discerner le vrai du faux. Bref, elle ne se lève pas pour rien, le matin. Lors de sa dernière mission en Océan Indien, son bateau luttait contre la piraterie.
Elle nous a raconté comment ils ont récupéré un bateau piraté, l’équipage affaibli, meurtri…
Amis
Je m’appelle Nicolas et David est mon meilleur ami. Il est matelot de la Flotte.
Lorsque j’ai appris qu’il s’engageait dans la Marine nationale, j’ai cru à une blague. David était loin d’être l’élève le plus discipliné à l’école, et il était inimaginable qu’il devienne un jour militaire ! Quand il nous a expliqué qu’il pourrait enfin combiner le travail et sa passion pour la mer, j’ai compris qu’il avait trouvé la voie qui lui correspondait.
Depuis, il est beaucoup plus mature et plus sérieux. Il a même appris à faire son lit ! (rires).
Avec ce qu’on voit à la télé sur les décès de militaires en opération, je ne suis pas très rassuré quand il part. Je me dis que ça n’arrive pas qu’aux autres… Du coup, je m’intéresse davantage à l’actualité. J’ai envie de comprendre les raisons de ses missions. Et quand il dit qu’il a fait deux fois le tour du monde à 21 ans, ça fait rêver tout le monde. C’est un bon truc pour entamer la discussion !
Conjoints
Je m’appelle Cécilia et mon mari est dans la Marine.
Un peu avant le grand départ pour une mission, la tension monte progressivement. Les missions se succèdent, mais on ne s’habitue jamais. En revanche, dès le lendemain, je vais de l’avant : c’est déjà un jour de moins avant les retrouvailles.
Quand mon mari est en mer, je gère seule nos 5 enfants et la maison. Il y a la gestion matérielle, mais aussi la gestion psychologique qu’il ne faut pas négliger : les enfants, surtout petits, ressentent tout. La situation est différente quand leur père n’est pas là, pour ce qui est de l’autorité en particulier.
Il est très dur de ne pas pourvoir vider son sac le soir et il est important d’avoir des amis pour supporter les baisses de moral, la fatigue.
Quand le bateau est à quai, il n’y a d’impact que lorsqu’il est de service le week-end. C’est une vie faite d’imprévus : le programme du bateau évolue, il y a des départs inopinés, ce n’est pas simple, par exemple, de prévoir les vacances à l’avance.
Ce qui est sympa, c’est qu’on vit forcément au bord de la mer. Des liens forts se nouent avec d’autres familles de marins, on se comprend bien, l’amitié et la solidarité sont essentielles pour bien vivre les absences. Parfois, je rejoins mon mari en escale, c’est un moment privilégié. Au moins, on ne risque pas de tomber dans la routine (rires).
Organisation
Au quotidien, ce sont 39 100 marins qui se mobilisent en France métropolitaine, en outre-mer et sur toutes les mers du monde
- 39 100 marins
- 4 700 civils
- 4 100 officiers
- 22 300 officiers mariniers
- 8 000 quartiers-maître et matelots
- 75 bâtiments de combat et de soutien
- 10 sous-marins nucléaires
- 206 avions et hélicoptères de combat et de soutien